Chapitre I
Aucune intention de remplacer qui que ce soit
Chers amis,
Tout d’abord, j’aimerais revenir sur la petite controverse qui touche mes amis du milieu de l’animation et des arts visuels : je n’ai aucune intention de remplacer qui que ce soit. J’essaie simplement de comprendre ce qui se passe et de trouver ma place en tant qu’artiste et créateur. Moi aussi, j’ai eu un choc en constatant à quel point il est devenu facile de générer une musique qui me prendrait des semaines, voire des mois, à composer. Cela dit, voilà maintenant quelques mois que je me suis lancé dans l’aventure de l’intelligence artificielle pour comprendre ma place et entrevoir ce que l’avenir nous réserve.
Honnêtement, au début, j’avais l’impression de plonger dans un film de science-fiction où ma carrière risquait d’être avalée par des robots. Mais après plusieurs mois d’essais, voici ce que j’en pense : les compositeurs et les artistes du son vont-ils disparaître ? Non ! Et les animateurs et les artistes visuels ? Non plus ! En fait, je respecte leur travail encore davantage aujourd’hui. Je vois toutefois un changement majeur dans notre façon de travailler : tout va à une vitesse folle, et chaque métier est touché. Quand le cinéma est arrivé, le théâtre n’a pas disparu, et quand la télévision est apparue, le cinéma est resté. Chacun a trouvé sa place, et il en sera de même cette fois-ci.
Chapitre II
Un marteau reste un marteau
Parlons maintenant de mon métier. Oui, certaines occasions pourraient disparaître, mais d’autres apparaissent. Et pour être franc, ce n’est pas la première fois que je dois tout réapprendre. Parfois, je me dis que j’aurais dû devenir menuisier ou plombier, parce qu’un marteau reste un marteau, et personne ne viendra vous dire qu’il a besoin d’une mise à jour ! Mais au bout du compte, tous les outils évoluent, et tout devient une question d’efficacité et de possibilités.
Pour l’instant, j’explore, j’expérimente et j’essaie de me réinventer plutôt que de sombrer dans la déprime et le fatalisme. Au lieu de dire que tout est perdu, je cherche à voir si j’ai encore une place, et où. Après l’euphorie des débuts, quand on croit pouvoir tout créer avec l’IA, on se rend vite compte que les idées se tarissent. Et c’est là qu’on mesure à quel point nous avons encore besoin de vrais professionnels pour avancer. Quand je m’aventure en animation et en génération d’images en tant que compositeur, je mesure à quel point les gens avec qui j’ai travaillé sur des séries d’animation avaient un talent incroyable. Et je parie que lorsque les animateurs tenteront de générer de la musique pour leurs projets, passé l’euphorie des premiers résultats, ils comprendront vite qu’un musicien, avec son flair pour raconter une histoire en musique, demeure irremplaçable.
Chapitre III
L’histoire que nous racontons
Bref, je suis un peu nerveux, très enthousiaste et complètement émerveillé par ce qui nous attend. J’ai hâte de voir les mondes que nous créerons ensemble. Les artistes sont et resteront essentiels, mais ils devront être encore plus présents et responsables de leur propre parcours. C’est à nous, les artistes, de rendre ce monde plus beau et de refléter qui nous sommes, ensemble. Au bout du compte, c’est l’histoire que nous racontons qui compte vraiment. Elle transcende les outils que nous utilisons et les technologies qui évoluent. C’est l’histoire qui touche les cœurs et qui traverse le temps.
