Illustration rétro d’un homme en larmes sous le titre « AI IS BAD, wah wah »

Blogue · 2 septembre 2025

L’IA, C’EST MAL, ouin ouin !

La paresse intellectuelle n’a pas été inventée par l’IA

Chapitre I

Sortez les violons

« L’IA, c’est mal. » « L’IA, c’est le diable. »
« L’IA, ce n’est pas du vrai art. »

Ouin ouin, snif snif. Sortez les violons… préenregistrés.

Soyons honnêtes un instant.

Les bibliothèques de boucles ? En plein essor. Les préréglages ? En plein essor. Les banques de sons et les trousses d’échantillons ? En plein essor. Ce sont tous des fragments de la musique et des idées des autres, emballés et réutilisés depuis des décennies. Personne n’a crié à la mort de la créativité quand les boucles se sont répandues. En fait, l’industrie musicale a bâti des empires entiers sur elles.

Et même avant, aux débuts des synthétiseurs et des échantillonneurs, des gens s’offusquaient déjà. Souvenez-vous du tollé quand quelqu’un osait utiliser un préréglage d’usine d’un Emulator ou d’un Fairlight. « Oh, il a juste pris un préréglage. » C’était l’insulte suprême. Comme si toucher à la technologie sans tout réinventer à partir de zéro était un crime. Pourtant, ces outils ont toujours fait partie du processus. Toujours.

Alors, qu’est-ce qui a vraiment changé ?

L’accessibilité. Voilà ce qui a changé.

Aujourd’hui, n’importe qui peut esquisser une idée sans des années de formation ni des milliers de dollars d’équipement. Les outils ont ouvert les portes. Et c’est précisément ce qui dérange.

Chapitre II

La fatigue de la requête

Mais voici la réalité : la plupart des gens ne savent même pas ce qu’ils veulent dire. Et l’IA n’inventera pas une âme là où il n’y en a pas. La fatigue de la requête est bien réelle.

La fatigue de la requête, c’est l’illusion que chacun porte en soi une idée géniale qui n’attend que de naître. La plupart des gens croient savoir quoi créer. Quel genre de musique choisir. Quel genre de vidéo demander. Mais le savent-ils vraiment ?

Faire une chanson, c’est amusant. Deux, c’est excitant. Dix chansons portées par une vraie intention et un sens personnel, voilà qui est gratifiant. Mais tenir la distance ? Créer quelque chose de constant ? Bâtir une voix, une âme, un style reconnaissable vers lequel les gens ont réellement envie de revenir ? C’est un tout autre niveau.

Vous arriverez peut-être à obtenir une image extraordinaire, ou une scène astucieuse. Mais faire un film ? Raconter une histoire ? Construire un élan émotionnel, une progression, un rythme, une vérité ? C’est là que la plupart s’écrasent. C’est ça, la fatigue de la requête.

Même les cinéastes d’expérience en souffrent. Ils croient savoir quelle musique placer à quel endroit, mais devant des milliers de choix dans une musicothèque, ils figent. C’est écrasant. Imaginez maintenant cela multiplié par les possibilités infinies de l’IA. Des options illimitées, ce n’est pas la liberté. C’est la paralysie. À moins d’avoir de l’instinct. À moins de savoir pourquoi la musique doit être là, ce qu’elle dit et ce qu’elle porte.

Chapitre III

Pas prêt à être effacé

Alors oui, des gens vont perdre leur emploi. Ce n’est pas une théorie : ça se produit déjà. Et je suis peut-être l’un d’eux. Les rôles changent plus vite que la plupart d’entre nous ne peuvent le suivre. Ce qui prenait des mois se fait maintenant en quelques minutes. C’est réel. C’est triste. C’est terrifiant. C’est déroutant de sentir son métier s’automatiser pendant qu’on essaie encore d’y respirer.

Mais dire que l’IA n’apporte rien de valable ? Prétendre qu’elle n’a aucune place dans l’évolution de l’expression ? Ce serait malhonnête.

Parce que j’ai vu ce qu’elle peut faire. Je l’ai utilisée. Je l’utilise en ce moment même. Et je sais que si vous avez quelque chose de vrai à dire, quelque chose d’honnête, quelque chose qui brûle en vous, l’IA peut vous aider à lui donner forme, à l’affûter, à le révéler.

Et soyons clairs. Le génie est sorti de la bouteille. On ne l’y fera pas rentrer. Tenter d’interdire ce virage ou d’en faire une honte ne fera que le pousser dans l’ombre, entre les mains de l’élite, où il opère déjà depuis des années. Comme si elle ne s’en servait pas déjà discrètement, derrière le rideau. Elle s’en sert. Et si ce n’est pas encore le cas, elle s’en servira. C’est garanti.

Alors la question n’est pas de savoir comment l’arrêter. La question, c’est comment y rester.
Où est la place des gens comme moi ?
Quel sera mon rôle sur ce nouveau terrain ?

Parce que je ne suis pas prêt à être effacé. Mais je sais que je ne peux pas non plus rester immobile.
Et j’essaie, en ce moment même, de comprendre où est ma place dans tout ça.

Chapitre IV

Le vol par optimisation

Parlons aussi de l’autre vérité. Déverser du contenu d’IA au hasard, sans but, c’est paresseux.
Tout comme empiler des boucles sans réfléchir, c’est paresseux.
Mais la paresse n’est pas un problème nouveau. Ce n’est pas l’IA qui l’a inventée.

Le vrai problème, ce n’est pas que des gens fassent du mauvais art. Ça a toujours existé. Le problème, c’est quand une seule personne automatise la création de dizaines de milliers de chansons ou de vidéos, inonde les plateformes et exploite les algorithmes de monétisation, sans le moindre effort ni la moindre expression.
C’est une nouvelle forme d’arnaque.

Mais cette fois, ce n’est pas seulement la plateforme qu’on arnaque. Ce sont les artistes eux-mêmes.
Cela détourne l’espace créatif. Cela vole l’attention, la visibilité et les revenus de ceux qui bâtissent réellement quelque chose.
Cela dévalorise tout le processus de création.
Et ce n’est pas seulement louche.
Il faut le dénoncer, et il faut s’en protéger.

Et c’est là qu’il faut concentrer nos efforts. Si quelqu’un téléverse des fermes de contenu sans visage ou des déversements de musique sans âme juste pour ramasser quelques sous, il pollue l’espace. Ce n’est pas de l’art.

C’EST DU VOL PAR OPTIMISATION. Il ne s’agit pas de savoir si l’IA est bonne ou mauvaise.
Il s’agit de savoir qui s’en sert pour détourner ce que de vrais créateurs ont mis des années à bâtir.
Pas à partir d’un quelconque silence mystique, mais à force d’instinct, de répétition et d’expérience vécue.
La plupart des artistes n’ont pas peur de l’IA parce qu’elle existe.
Ils ont peur parce qu’on s’en sert pour inonder le monde de contenus qui n’ont exigé aucun risque, aucun sacrifice, aucune vision.
Et quand cela arrive,
l’art cesse d’avoir du sens et devient jetable.

Chapitre V

La soif de vrai

Mais voici autre chose que j’ai commencé à voir. Quelque chose de surprenant.

Au milieu de tout ce remplissage, de ce déluge de contenus générés automatiquement, je crois que les musiciens authentiques, puissants et talentueux s’épanouiront plus que jamais. Les vrais. Ceux qui ont quelque chose d’inébranlable dans la voix ou dans les doigts.

Parce que plus l’IA fera de bruit, plus la soif de vrai grandira. Je ne crois pas que la musique traditionnelle va s’effacer. Je crois qu’elle va s’élever. Le local, l’ancien, l’humain, le fait main. Des instruments dont plus personne ne sait jouer. Des chants qui portent une culture. Rien de cela ne disparaît. Tout cela s’apprête à compter davantage.

Étrangement, l’IA pourrait devenir la raison même pour laquelle les gens reviendront au vrai métier de musicien. Aux choses qu’on ne peut ni imiter, ni bâcler, ni obtenir d’une simple requête.

En même temps, je sais que l’IA repoussera les frontières créatives vers des lieux que nous ne comprenons pas encore. Et oui, cela me fait peur. Je ne prétends pas être au-dessus de tout ça. À bien des égards, je suis sans travail en ce moment. Des producteurs qui, autrefois, me fredonnaient une mélodie reviennent maintenant avec des pièces orchestrales complètes qui semblent avoir demandé des mois, générées en une fin de semaine. Ce virage est réel. Et c’est une pression face à laquelle je ne peux même pas rivaliser.

Mais je choisis de ne pas sombrer dans le désespoir. Tout ne court pas à sa perte. J’essaie d’imaginer le bon côté des choses. Je veux trouver ce qui vaut encore la peine d’être protégé, d’être bâti, de devenir.

Parce qu’au fond, il ne s’agit pas seulement de perdre des emplois. Il s’agit de perdre le sens. C’est de cela que nous avons vraiment peur.
La perte du but, du métier, de la lutte, de ce chemin douloureux mais magnifique qu’il faut parcourir pour exprimer quelque chose de vrai. Cette douleur n’a pas disparu. Elle se transforme. Et en ce moment, nous nous tenons entre deux mondes.

Oui, beaucoup de gens vont perdre leur emploi. C’est la réalité. Mais je crois aussi que quelque chose de nouveau s’en vient. Une vague de micro-studios. De plateformes personnelles. D’émissions indépendantes. Et nous aurons besoin de vrais chanteurs. De vrais musiciens. De vrais artistes. Pas moins : davantage. Nous aurons besoin qu’ils aillent plus loin, pas qu’ils s’effacent.

Chapitre VI

Un petit chemin de retour

Des gens m’ont attaqué en disant que ce que je fais est irrespectueux. Qu’utiliser l’IA, c’est trahir le métier. Mais soyons honnêtes. L’art n’a jamais été une simple affaire d’outils. L’art a toujours été une tentative de dire quelque chose de vrai. De comprendre pourquoi nous sommes là.

Ce qui l’a corrompu, ce n’est pas la technologie. C’est la monétisation.
Ce sont les grandes industries et les grandes entreprises qui ont volé les artistes, les ont réduits au silence, les ont utilisés, puis jetés.

Alors peut-être, juste peut-être, l’IA nous offrira enfin un petit chemin de retour. Une façon de reprendre le contrôle.
De créer nos propres espaces.
De parler à des publics plus petits, mais plus vrais.
Et si vous avez quelque chose de vrai à dire, ils seront au rendez-vous.
Parce qu’ils écoutent encore.
Ils attendent simplement quelqu’un de sincère.

Paul Baraka

PDG d’Elyxium Corporation

À propos de l’auteurPaul Baraka est un compositeur primé, concepteur sonore et conteur aux multiples facettes, qui marie musique, technologie et mythe. Animé depuis toujours par une passion pour la vérité sonore et une profonde méfiance envers la création paresseuse, il bâtit des ponts entre le signal ancien et les outils modernes. Il croit que l’IA n’est pas seulement une intelligence artificielle, mais aussi une Inspiration Artistique, et que nous commençons à peine à découvrir ce dont elle est vraiment capable lorsqu’on s’en sert avec intention.

🔗 Site web :

« C’EST DU VOL PAR OPTIMISATION. » Ce n’est pas contre l’IA.
C’est pour la voix, pour le récit, pour les créateurs.
Tout ce qui est généré n’est pas de l’art.
Tout ce qui est automatisé ne mérite pas une scène.

@suno_ai

@11Labs

@OpenAI

@YouTubeCreators

@MetaAI

#TheftByOptimization

#RealArtistsStillMatter

#AIandArt

#CreativeRights

#ThisIsNotArt

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